Comprendre le web 2.0
Le web, élaboré au départ pour faciliter l’échange d’informations entre les physiciens du CERN (Organisation européenne pour la recherche nucléaire), est utilisé de nos jours pour plusieurs raisons et a bouleversé notre mode de vie. Internet représente plusieurs centaines de milliards de pages web à travers le monde, qui sont visitées quotidiennement par des millions d’internautes. Depuis 1990, date marquant l’adresse du tout premier site et serveur Web http://info.cern.ch, le web n’a cessé d’évoluer à travers l’amélioration de ses applications. De là, un nouveau terme concernant son évolution technologique est à la mode : « le web 2.0 ».
Ce concept fait son apparition pour la première fois en 2004 durant une conversation entre Dale DOUGHERTY et Craig CLINE en vue de la préparation d’une conférence conjointe, pour souligner le fait que le web était dans une période de renaissance, avec un changement de règles et une évolution des modèles d’entreprises.
Cette expression « web 2.0 » dont tout le monde parle, reste difficile à cerner tellement il y a des définitions. Toutefois, toutes ces définitions sont importantes car le web 2.0 ne saurait avoir une définition définitive qui mettrait tout le monde d’accord.

Aussi, nous voyons que le web 2.0 est défini par son contenu sous trois angles :
- L’internaute comme un consommateur et acteur. Ici, il achète et consomme les services proposés par les logiciels et s’implique dans l’animation et l’évolution des sites web à travers des blogs, des publications de ses commentaires, etc.
- Plus une avancée humaine que technologique : Ce sont les services proposés sur la toile qui font le web et non les applications, bien qu’elles participent à l’accès de ses services.
- Changement radical dans l’écoulement de l’information (personnalisation par l’internaute dans sa manière d’échanger, de diffuser et de partager des informations sur la toile) à travers le contenu des sites web (priorité au contenu dynamique, mise à jour régulière, commentaires, blogs).
Ainsi, le web 2.0 correspond à de nouvelles interfaces, de nouvelles dispositions de rechercher et d’accéder au contenu des pages web. C’est le cas de quelques sites web comme Google, Facebook.
De là, la question du destinataire du web 2.0 se pose : pour les machines ou pour l’internaute ? Là, certes les machines sont celles qui accueillent les progrès technologiques du web 2.0 et ainsi ont de nouvelles fonctionnalités qui leur rendent plus performantes ; mais c’est plus à l’internaute qu’est destiné le concept du web 2.0, car son utilisation du web est rendu plus souple et facile, notamment avec les personnes qui l’entourent (cas des réseaux sociaux), et aussi pour illustrer l’emprise de l’internaute sur le web 2.0, le 25 décembre 2006, le magazine « Time » a décerné le prix de « personnalité de l’année 2006 » aux les internautes. La revue américaine a pu témoigner à ces internautes qui ont pris le pouvoir de la gestion de l’information sur le web à travers les applications web 2.0.
Outre cette souplesse et cette facilité dans la navigation sur Internet, le web 2.0 permet de « décentraliser » en quelque sorte le contrôle individuel sur les pages web par des développeurs au bénéfice d’une grande participation des internautes anonymes de la toile. Aussi, ces derniers façonnent à leur manière les informations (ils les créent, les trouvent, les organisent, les partagent et les diffusent comme ils veulent sur les pages web). C’est le cas du microblogging observé sur des sites tels que Twitter, Tumblelog ou encore Jaiku.
Néanmoins le web 2.0 ne fait pas l’unanimité : certains ont été pris de court par l’expression et voient en ce concept une trop grande centralisation du contenu web par des entreprises ; d’autres pensent que c’est une expression purement marketing, destiné à faire du buzz et à faire vendre davantage les applications du web.
Malgré tout cela, le web 2.0 se situe dans une succession d’évolution du web. En effet, le concept émergent de « web 2.0 » incarne aujourd’hui le principe d’une course perpétuelle tout comme un hamster en train de courir sur une roue. Le web ne cesse d’apporter des améliorations de plus en plus souples pour l’internaute. Ainsi, le concept web 2.0 ne saurait être une fin en soi. Aussi le suffixe « 2.0 » que l’on associe à certains termes a pour habitude de désigner une grande variation dans l’usage auquel on ajoute « 2.0 » ; alors que le web 2.0 ne représente qu’une avancée dans l’utilisation des technologies sur le web et ce dernier connaît d’autres avancées, notamment avec le web 2.1 (web 2.0 rendu plus facile d’accès) ou encore le web 2.5 (désigne le web transformé en plateforme pour les applications en ligne).
En somme, pour essayer de faire une synthèse de tout ce qui a été dit, le web 2.0 est avant tout un concept un peu confus qui représente le web tel qu’il se présente à l’instant. De là, c’est un phénomène de mode et il risque de subir la concurrence d’un nouveau terme à la mode qui va tout simplement régénérer l’attrait de son « prédécesseur », un peu comme les modernes chassent les modernes. Le web 2.0 comporte une part de risques, comme toute évolution mais, excepté son coté marketing souvent mis en avant, il est la conséquence d’une effervescence d’idées, de fonctions et de nouvelles utilisations. La saisie encore imparfaite de tous les aspects du web 2.0 montre en réalité que le web continue à favoriser les initiatives personnelles et se présente plus comme une aventure humaine que technologique.
Par CHEDJOU KAMDEM (CK)
















