C’est qui Martial P.Bikanda ?
Je répondrais à la troisième personne du singulier, juste pour pas que j’ai l’impression de parler de moi.Bikanda est un pur produit du système éducatif public camerounais (maternelle à l’univ et dans des établissements publics), qui s’est pourtant promis de ne jamais faire carrière dans l’administration publique locale, de ne jamais avoir pour visée l’obtention d’un matricule.
Après des années de secondaire inoubliables au Lycée de Biyem Assi, il fait Lettres bilingues avec option en arabe t linguistique et langues africaines, à l’Université de Yaoundé I. parallèlement à ses cours en fac, Bikanda a été reçu au concours d’entrée à l’Esstic, Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication.
A noter qu’il s’est présenté et a été admis à l’Esstic d’une façon un peu anecdotique, et y a fait un premier cycle supérieur en Relations Publiques. Après deux ans de tronc commun, le virus de la pub très mouvant qui sommeillait en lui n’a pu se retenir, et sur conseil de certains de ses enseignants et camarades, Martial Papy passe plus pour un fils de pub qu’un gentil attaché de presse ou conseiller en communication institutionnelle.
Peut-être sous l’influence d’un proche parent, son homonyme icône du marketing au Cameroun et ailleurs, Bik’s est mordu par le virus de la chose, au penchant viral, mieux tribal ! (confère Bernard Cova) et ses travaux de recherche en fin de premier cycle esstic portent alors sur le CRM en téléphonie mobile au Cameroun.
En Master à l’Esstic, le gars récidive ! (une fois atteint, c’est difficile que tu en sortes !) et commet un travail qui porte sur Les services à valeur ajoutée comme facteurs adjuvants du marketing tribal en téléphonie mobile.
Parallèlement à ce safari académique dans la jungle de la communication et du marketing, le jeune loup affûte ses dents, en prêtant ses services à de nombreuses entreprises locales et internationales, en qualité d’intermittent du marketing d’événements culturels au Cameroun. Bikanda explique alors à ceux de ses promotionnaires qui s’étonnent qu’il ne soit pas casé quelque part, qu’il j’affectionne la prostitution… intellectuelle, et n’étant pas sûr de tenir en foyer, préfère « faire le travail » à ceux des clients qui le paient, et puis basta après coups !
Après la mise sur pieds (des fois avec l’aide d’aînés dans le métier) de services commerciaux et marketing de quelques entreprises de communication (imprimeries, agences de communication…),Martial se case en ménage !
C’est d’abord une imprimerie privée à Yaoundé, Colorix, où il a en charge la mise sur pieds du service commercial, la gestion de la relation client, et le suivi du tabloïd gratuit « Bloc notes ».
De l’imprimerie, il passe à une agence conseil, Zenon de nom, où il fais du CR, puis est appelé à la Sopecam au service marketing comme chargé d’études.
Bik’s essaie encore d’imposer sa marque dans cette entreprise parapublique, éditrice du quotidien Cameroon tribune, quand il est appelé par Voodoo communication, agence conseil en pub, pour apporter sa modeste contribution à la gestion de l’un des gros budgets de la pub au Kmer(…).
C’est un honneur sur lequel nul ne saurait cracher pense –t-il, un challenge costaud, et une chance, car il se retrouve alors enfin, en plein dans son domaine de prédilection, celui du marketing de la téléphonie mobile au Cameroun.
Mon avis sur les compétences des agences conseil au Cameroun? ?
Ce niveau est tributaire de ses acteurs, des personnes qui l’animent à tous les niveaux de l’échelle. Je le vois mélioratif, du fait de la professionnalisation progressive de ses acteurs !
On passe des commerçants de l’information aux vendeurs de la communication. Des écoles professionnelles offrent la matière grise, le marché industriel offre matière à communiquer, et la modernisation des supports (tic) contribue à nous mettre aux standards des pays répondant aux standards similaires au notre.
Le poids des budgets oblige les agences à se mettre à la norme internationale, à fusionner très souvent, pour mériter des budgets, ceci au moins en ce qui concerne les agences qui aspirent à moyen et long terme, à rester en vie.
Le côté triste de la chose étant que nos agences créent peu, ont une très faible marge de manœuvre en terme de compétences professionnelle (chefs pub, créa, Cr, graphiste…) et d’orientation créative. Les chartes des clients ne répondent pas toujours aux contextes locaux, et nos agences ne peuvent pas grand-chose, si elles veulent conserver les portefeuilles, si ce n’est se décliner en simple exécutants.
Chantiers pour moderniser la communication au Cameroun.
On devrait mieux préparer les semis, le champ, pour que la récolte soit conséquente. J’y entends une meilleure, vraie professionnalisation des enseignements, une fusion des énergies et compétences du domaine, et une ouverture aux autres, aux idées nouvelles, à l’évolution mondiale du mileiu. (Il me souvient que quand nous étions à l’esstic, nous menions avec nos amis de la catho, une petite guerre froide qui allait au-delà des campus, des idéologies académiques, vers des milieux tels les boites de nuit – fameux Karaokés au Katios !- dragues de filles venant du campus rival…).
On ne manquera pas de relever la mise sur pieds nécessaire d’un conseil professionnel des métiers de la communication, tenu modéré par les professionnels de la chose, et même de forums ou blogs, où les professionnels et aspirants se rencontreraient pour échanger !
Insertion des jeunes dans le monde de la communication :
Elle est très mauvaise à l’heure actuelle, parce qu’après un parcours brillant mais trop théorique, les jeunes sont souvent ahuris, étrangers aux réalités professionnelles, surpris et déconnectés du milieu dans lequel ils devraient appliquer leurs théories, parce que trop préoccupés dans leur cursus, par la hantise de rater les évaluations théoriques de nos salles de cours.
Ma devise : “Not to be the first, but to be the best !”
ça s’explique, quand on porte mon nom.